Sic transit gloria mundi
Où l'on prend 2 minutes pour philosopher sur le temps qui passe.

— Moi : « Quelle trace vais-je laisser dans l'histoire ? » — Le temps : « Aucune », Rome, le Forum, 2024
REPÈRES
LES FAITS POUR DÉCIDER
Évidemment, nous sommes tous inspirés par les punchlines existentielles que nous réservent les réseaux sociaux. Malheureusement, après une minutieuse enquête, nous sommes au regret de vous annoncer qu'il ne s'agit que de sinistres plagiats de sagesses antiques.
Sic transit gloria mundi
Ainsi passe la gloire du monde.
Cette locution, tirée de la tradition chrétienne, était autrefois prononcée lors des couronnements des papes. Dans un moment de triomphe solennel, un moine brûlait un morceau de lin devant le nouveau pontife en déclarant : « Sancte Pater, sic transit gloria mundi. »
Il lui rappelait ainsi que, quelle que soit sa splendeur, la gloire terrestre est éphémère.
Pour l’anecdote, cette coutume fut abolie par Jean-Paul Ier… qui doit encore méditer la formule puisqu’il mourut 33 jours après son élection.
Ce thème de l'impermanence a traversé les siècles. On le retrouve de nos jours dans le sympathique « Ok boomer », avec lequel certains millennials accueillent l'opinion de leurs aînés, leur signifiant ainsi, que, à leur humble avis — et sauf leur respect — leur temps est passé.

Memento mori
Souviens-toi que tu vas mourir.
Dans l’Antiquité, lorsqu’un général victorieux remontait triomphalement les rues de Rome, un esclave se tenait à ses côtés et lui murmurait régulièrement « Memento mori ». Il lui rappelait ainsi sa condition de mortel, et donc le caractère profondément éphémère de sa gloire.
Pour les stoïciens, cette prise de conscience n’a rien de morbide. Elle constitue au contraire une invitation à réfléchir à la manière dont nous choisissons d’utiliser notre temps sur Terre. Elle nous incite à vivre chaque moment avec davantage de sens et de gratitude.
« La perfection de notre conduite consiste à employer chaque jour que nous vivons comme si c’était le dernier, et à n’avoir jamais ni impatience, ni langueur, ni fausseté. Il nous faut nourrir l’âme avec la sagesse qui vient de l’acceptation de la mort »
Marc Aurèle, IIe siècle après J-C.
Vulnerant omnes, ultima necat
Toutes les heures blessent ; la dernière tue.
On retrouve cette inscription sur de nombreux cadrans solaires d’édifices publics ou d’églises.
Les interprétations divergent légèrement, mais cette formule nous rappelle que, depuis notre naissance, chaque instant nous rapproche de notre fin. Le temps ne fait pas seulement que passer : il nous entame peu à peu.
Cette locution nous invite ainsi à nous interroger sur l’usage que nous faisons du temps qui nous est donné (#yolo).




