Où l’on réalise à quel point nous n'avons vraiment rien de spécial.

Narcisse tombant amoureux de son reflet (Peinture de John William Waterhouse, 1903)
REPÈRES
LES FAITS POUR DÉCIDER
L'humanité a longtemps vécu dans l'illusion de son caractère exceptionnel. Mais — par trois fois au moins — la science a sévèrement démenti nos certitudes. C’est ce que Freud désigne comme les trois grandes blessures narcissiques.
En 1543, Copernic publie De revolutionibus orbium coelestium. En affirmant que la Terre tourne autour du Soleil, il marque une rupture avec le système géocentrique qui plaçait la Terre au centre de l'Univers.

Dans le récit biblique, l’homme est créé à l’image de Dieu. Les travaux de Darwin, notamment dans L’origine des espèces (1859), ébranlent cette perception en démontrant que les humains et les autres animaux partagent des ancêtres communs.
L’humanité devient ainsi le fruit d’un long processus de sélection naturelle et de mutations génétiques, perdant ainsi sa position privilégiée dans la nature.
La troisième blessure narcissique est infligée par Freud lui-même (un peu narcissique le type non ?), avec la découverte de l’inconscient. Dans son ouvrage Introduction à la psychanalyse (1917), Freud décrit notre psychisme comme une sorte de maison où cohabitent trois forces :
Nos comportements résultent ainsi d’un dialogue (ou d’une lutte permanente) entre ces trois instances.
À leur époque, chacune de ces découvertes a suscité de violentes résistances — et certaines subsistent encore aujourd’hui. Les blessures narcissiques nous montrent à quel point il est difficile d’accepter des faits qui contredisent des croyances profondément ancrées.
Ce mécanisme de résistance psychologique face à certaines vérités dérangeantes sera théorisé par le psychologue Leon Festinger à la fin des années 1950 sous le terme de dissonance cognitive. C’est précisément ce phénomène que nous explorerons dans le prochain épisode de Chercheurs de Nord.