Loi des conséquences imprévues
Nos actions produisent souvent, au-delà de leurs effets directs, des conséquences indirectes que nous n’avions pas anticipées.

Parfois les conséquences imprévues sont parfaitement prévisibles
Bip Bip et Coyote, Warner, 1949
L’idée est ancienne, mais le sociologue américain Robert K. Merton lui donne une formulation particulièrement influente en 1936. Il cherche à comprendre pourquoi une action intentionnelle peut produire des résultats inattendus, parfois bénéfiques, parfois nuisibles, parfois même contraires au but recherché.
Merton identifie plusieurs causes : notre connaissance est toujours incomplète, nous raisonnons mal sur des chaînes de conséquences complexes, nous privilégions souvent les effets immédiats et nous sous-estimons la manière dont les individus et les systèmes réagiront à notre intervention.
C’est ce qui explique qu’une innovation puisse produire bien davantage que ce pour quoi elle a été conçue. La bicyclette, par exemple, a contribué à l’émancipation des femmes en accroissant leur autonomie de déplacement. À l’inverse, les antibiotiques, conçus pour combattre les infections bactériennes, ont aussi favorisé, lorsqu’ils sont trop utilisés, l’apparition de bactéries résistantes.
La notion ne concerne pas seulement les inventions : elle vaut aussi pour les politiques publiques, les stratégies d’entreprise ou les décisions individuelles. Nous raisonnons facilement en termes d’effets directs, mais beaucoup moins en termes de réactions du système et de chaînes de conséquences.



