
Où l’on se demande comment ne pas se tromper quand tout peut nous tromper.
Théorie du libre-échange des idées
Mésinformation et malinformation
Économie de l'attention
Loi de Brandolini
Désintermédiation
Crise de confiance
Post-vérité
Limites de notre rationnalité
Biais de confirmation
Dissonance cognitive
Esprit critique
Critère de réfutabilité
12
questions
16
minutes
extrait
La manipulation de l’information est loin d’être un phénomène nouveau. Dès l’Antiquité, dans L’Art de la guerre, Sun Tzu*, affirme que « toute guerre est fondée sur la tromperie ». Tromper l’adversaire, brouiller ses repères, façonner sa perception du réel fait partie intégrante des stratégies militaires.
* Ironiquement, l’existence même de Sun Tzu fait l’objet de débats.

Plus largement, l’historien Yuval Noah Harari rappelle que les sociétés humaines se sont construites autour de récits partagés — mythes, croyances, fictions collectives — qui ne sont pas toujours strictement vrais, mais qui rendent possible la coopération à grande échelle. Le rapport entre information, récit et vérité a toujours été ambivalent.
Pendant des siècles, l’information a été une ressource rare. Non par manque d'idées, mais parce que sa reproduction et sa diffusion était lente, coûteuse et limitée.
L’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Johannes Gutenberg, au milieu du XVe siècle permet la reproduction en série des textes et élargit l’accès au savoir. Le gain de productivité est considérable : là où un moine copiste mettait près de trois ans à produire une Bible, Gutenberg en réalisa environ 180 sur la même période.
Cinq siècles plus tard, un basculement encore plus radical s’opère avec la numérisation de l’information. Produire, copier et diffuser un contenu devient quasi instantané ; le coût marginal de diffusion tend vers zéro. Textes, images et vidéos peuvent circuler à l’échelle mondiale en quelques secondes.
Les ordres de grandeur donnent la mesure du changement : selon les projections des Nations Unies, la quantité de données produites en 2025 pourrait atteindre 175 zettaoctets (175 000 milliards de gigaoctets), potentiellement échangées par près de 75 milliards d’appareils connectés.
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