REPÈRES

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ÉPISODE

5

Le temps de la désinformation

Où l’on se demande comment ne pas se tromper quand tout peut nous tromper.

Théorie du libre-échange des idées

Mésinformation et malinformation

Économie de l'attention

Loi de Brandolini

Désintermédiation

Crise de confiance

Post-vérité

Limites de notre rationnalité

Biais de confirmation

Dissonance cognitive

Esprit critique

Critère de réfutabilité

12

questions

16

minutes

extrait

La manipulation de l’information est loin d’être un phénomène nouveau. Dès l’Antiquité, dans L’Art de la guerre, Sun Tzu*, affirme que « toute guerre est fondée sur la tromperie ». Tromper l’adversaire, brouiller ses repères, façonner sa perception du réel fait partie intégrante des stratégies militaires.

* Ironiquement, l’existence même de Sun Tzu fait l’objet de débats. 

La preuve que Sun Tzu a existé : il y a des photos de lui sur Internet (image générée par IA).

Plus largement, l’historien Yuval Noah Harari rappelle que les sociétés humaines se sont construites autour de récits partagés — mythes, croyances, fictions collectives — qui ne sont pas toujours strictement vrais, mais qui rendent possible la coopération à grande échelle. Le rapport entre information, récit et vérité a toujours été ambivalent.

« Quelles images vous viennent à l'esprit quand vous pensez à Coca-Cola ? Pensez-vous à des jeunes gens sains pratiquant le sport ou s'amusant ensemble ? Ou à des diabétiques en surpoids dans un lit d'hôpital ?
La vérité est que la vérité n'a jamais été une priorité d'homo sapiens. Beaucoup imaginent que si une religion ou une idéologie déforme la réalité, ses adeptes le découvriront tôt ou tard car ils le pourront rivaliser avec des rivaux plus clairvoyants. En pratique, la force de la coopération humaine repose sur un délicat équilibre entre vérité et fiction ». 

Yuval Noah Harari, 21 leçons pour le XXIe siècle

L’explosion de l’information.

Pendant des siècles, l’information a été une ressource rare. Non par manque d'idées, mais parce que sa reproduction et sa diffusion était lente, coûteuse et limitée.

L’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Johannes Gutenberg, au milieu du XVe siècle permet la reproduction en série des textes et élargit l’accès au savoir. Le gain de productivité est considérable : là où un moine copiste mettait près de trois ans à produire une Bible, Gutenberg en réalisa environ 180 sur la même période. 

Cinq siècles plus tard, un basculement encore plus radical s’opère avec la numérisation de l’information. Produire, copier et diffuser un contenu devient quasi instantané ; le coût marginal de diffusion tend vers zéro. Textes, images et vidéos peuvent circuler à l’échelle mondiale en quelques secondes.

Les ordres de grandeur donnent la mesure du changement : selon les projections des Nations Unies, la quantité de données produites en 2025 pourrait atteindre 175 zettaoctets (175 000 milliards de gigaoctets), potentiellement échangées par près de 75 milliards d’appareils connectés.



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