
Dilemme du tramway
Conséquentialisme
Utilitarisme
Déontologisme
Impératif catégorique
Éthique de la vertu
Éthique de conviction
Éthique de responsabilité
Tragédie de l'action
Identité narrative
9
questions
12
minutes
extrait
Vous marchez le long d’une voie ferrée. Vous croisez cinq ouvriers en train de travailler sur la voie. Quelques instants plus tard, vous arrivez à hauteur d’un levier d’aiguillage.
Au loin, un train arrive à toute vitesse. De toute évidence, si vous n’agissez pas, il percutera les cinq ouvriers.
En actionnant le levier, vous pouvez détourner le train vers une voie secondaire. Mais vous réalisez qu’un ouvrier s’y trouve également. Il ne pourra pas s’en sortir si vous intervenez.
Vous avez quelques secondes pour décider.
Imaginons maintenant une situation légèrement différente.
Vous êtes sur un pont au-dessus de la voie. À vos côtés se tient une personne très corpulente.
En contrebas, les cinq ouvriers travaillent toujours, inconscients du danger. Le train arrive.
Cette fois, vous ne pouvez pas agir sur un levier. La seule manière de les sauver serait de pousser cette personne sur la voie. Elle mourra, mais son corps permettra d’arrêter le train.
Ce dilemme, proposé dans les années 1960 par Philippa Foot, est devenu l’une des expériences de pensée les plus célèbres de la philosophie morale. Il nous invite à réfléchir aux fondements de nos décisions lorsque chaque choix peut être à la fois défendu et contesté, selon l’angle de vue adopté.
D’un scénario à l’autre, le consensus s’est inversé.
Dans un premier temps, nous allons essayer de comprendre pourquoi, en passant en revue les principales approches proposées par la philosophie morale.
Nous nous demanderons ensuite comment décider lorsque aucune option ne peut être considérée comme pleinement juste.
Dans le dilemme initial, le consensus porte sur le fait d’actionner le levier pour dévier le train sur la voie secondaire. Ce choix semble reposer sur une idée simple : il vaut mieux sauver cinq vies qu’une seule — peu importe la manière dont on y parvient.
Ce type de raisonnement est dit conséquentialiste.
Il consiste à juger une action à partir de ses résultats : une décision est juste si ses conséquences sont préférables à celles des alternatives.
Cette approche a le mérite d’être claire et de s’appuyer sur la raison. Mais elle soulève immédiatement une difficulté : comment comparer les conséquences entre elles ?
Supposons que la personne seule soit un scientifique sur le point de faire une découverte médicale majeure : que doit-on faire ?
Pour répondre à cette difficulté, le philosophe Jeremy Bentham propose au XIXe siècle une idée radicale : si les conséquences doivent guider nos choix, alors il faut apprendre à les mesurer.
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