
Évolution de la population
Transition démographique
Espérance de vie
Natalité
Mortalité
Solde naturel
Pyramide des âges
Structure de la population
Ménages
Avenir du modèle social
Épargne
Perspectives démographiques
13
questions
15
minutes
extrait
« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »
Ainsi se terminent les contes qui ont façonné notre imaginaire : l’abondance démographique comme promesse d’un avenir paisible.
La réalité actuelle est moins romanesque. Partout, la fécondité s’effondre. À cet égard, notre époque ressemble davantage à la version allemande — « Und wenn sie nicht gestorben sind, dann leben sie noch heute » (Et s’ils ne sont pas morts, alors ils vivent encore aujourd’hui).
Pourtant, le renversement démographique reste un sujet secondaire, aussi bien dans le débat public que dans les stratégies d’entreprise. C’est paradoxal : parmi les sciences sociales, la démographie est l’une des plus prévisibles. Les enfants qui ne sont pas nés aujourd’hui ne feront pas d’enfants demain !
Dans Les Balançoires vides (2025), Maxime Sbaihi souligne la portée de cette mutation :

Depuis 1945, nos modèles économiques, sociaux et territoriaux reposaient sur un postulat implicite : une population en croissance continue. Ce postulat ne tient plus. Et les implications sont immenses.
Pour en mesurer la portée, il faut d’abord comprendre d’où nous venons, observer ce qui se joue aujourd’hui, puis analyser ce que ce basculement implique pour nos entreprises.
L’humanité est longtemps restée discrète. Homo sapiens apparaît en Afrique, il y a environ 300 000 ans. Pendant des dizaines de millénaires, la population mondiale ne dépasse probablement pas quelques centaines de milliers d’individus.
Dans un monde de chasseurs-cueilleurs, la densité humaine est extrêmement faible : il faut de vastes territoires pour nourrir de petits groupes, et les maladies, famines ou aléas climatiques empêchent toute croissance durable. La survie est précaire, l’espérance de vie courte.
La révolution agricole, amorcée il y a environ 10 000 ans, marque une première rupture. La domestication des céréales (blé, orge) et des animaux d’élevage permet la sédentarisation. Les surplus alimentaires favorisent l’apparition des premières villes et l’essor des grandes civilisations.
Mais même alors, l’humanité reste rare : à la naissance du Christ, la population mondiale est estimée entre 150 et 250 millions d’habitants.
Les siècles suivants alternent phases d’expansion et chocs brutaux. La démographie progresse… puis recule au gré des crises. La peste noire du XIVᵉ siècle, qui aurait tué près d’un tiers des Européens, en est l’exemple le plus spectaculaire.
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